Les références de « Guérir ses émotions »

Guérir ses émotions
Samedi, 19 juillet 2025
Références évoquées lors de la visioconférence

Le replay de la conférence


De très nombreuses autres références sont disponibles dans le livre Revivre sensoriellement

Neurobiologie de la personnalité – Synaptic self : how our brains become who we are, ouvrage paru en 2002 et écrit par Joseph Ledoux, professeur en neurobiologie, éminemment reconnu pour ses recherches sur les peurs. Ledoux J, 2002.

État de stress post-traumatique chronique – Aujourd’hui, il est assez clair dans la littérature médicale qu’après un choc traumatique avec implication physique (violences physiques accidentelles ou provoquées : accidents, agressions, viols) ou non (exposition à des scènes excessivement violentes ou inacceptables psychologiquement), seulement 15 à 25 %, selon la nature du choc traumatique, développent un stress post-traumatique chronique. Ce stress chronique se traduit principalement par de l’anxiété, des angoisses, des phobies, des paniques, des états dépressifs et l’abus ou la dépendance à l’alcool ou autres drogues. Pour les autres personnes, une régulation quasi complète de leur perturbation émotionnelle intervient dans les deux semaines à trois mois après le choc traumatique. Si la régulation émotionnelle ne s’est pas faite dans les trois mois suivant le traumatisme, les spécialistes considèrent qu’elle ne se fera pas naturellement.
Les raisons habituellement évoquées pour justifier l’absence de régulation émotionnelle chez ces 15 à 25 % de personnes concernées sont principalement leurs antécédents (la préexistence d’un premier choc traumatique semble déterminante) et des caractéristiques biochimiques particulières. En effet, un faible niveau de cortisol au moment du traumatisme (le cortisol sert à contenir les réponses au stress) semble également très systématique.
Rachel Yehuda, spécialiste de la biologie des stress post-traumatiques, postule que le traumatisme lui-même serait capable de modifier de façon sélective et définitive le fonctionnement de certains récepteurs aux corticoïdes dans le cerveau. Cela incite à considérer que les personnes victimes d’un choc émotionnel qui n’avaient pas, auparavant, perdu conscience lors d’un événement d’une nature similaire ne développeront pas d’état de stress post-traumatique chronique.
Yehuda R, 1993 – De Guise E, 2012 – Desmedt A, 2009.
Lire également le résumé du travail de Rachel Yehuda écrit par Renaud de
Beaurepaire, dans le magazine Dépression de janvier/février 1998.

Amnésie – L’amnésie est une perte de la mémoire résultant de lésions cérébrales provoquées principalement par un stress traumatique, une anoxie ou ischémie (manque d’oxygénation), une tumeur, un traumatisme crânien, un alcoolisme chronique, certains médicaments ou drogues.
Les amnésies traumatiques résultent de stress intenses ou d’une émotion trop forte que nous ne parvenons pas à assumer. Dans ces conditions, le cortisol, un agent chimique intervenant dans la régulation des émotions, est secrété en excès et peut provoquer une dégradation importante des récepteurs neuronaux avant qu’une protection se mette en place sous la forme d’une amnésie. À la suite d’une amnésie, si un nouveau stress ou choc émotionnel de même nature se produit, la sécrétion de cortisol réagit à l’inverse du premier événement par une sous-production qui favorise le développement d’un stress post-traumatique.
Il semble néanmoins possible, en sollicitant par un accès thérapeutique la zone endommagée, de favoriser une nouvelle poussée des récepteurs neuronaux pour permettre d’accéder consciemment à l’événement « oublié ». Yehuda R, 1993 – Muriel Salmona, 2008

Bruce McEwen – Bruce McEwen considère que certaines parties de notre réseau neuronal (qui semble constituer l’essentiel de notre mémoire) peuvent être totalement déconnectées à la suite d’une peur trop intense. Les dégradations occasionnées aux synapses (qui permettent l’activation des neurones) sont irréversibles et isolent définitivement la zone neuronale atteinte du reste du réseau. Tout autour, suivant sa fréquentation, le réseau s’élargit, se modifie, se réorganise en permanence sans pouvoir intégrer les zones neuronales déconnectées. Néanmoins, Bruce McEwen considère qu’une impulsion ciblée et suffisamment intense sur ces zones déconnectées peut rétablir cette circulation et permettre une réintégration dans le réseau général.
McEwen B, The Hostage Brain, New York, Rockefeller University Press, 1994, et The End of Stress as We Know It, New York, Dana Press, 2002.
Avec Robert M. Sapolsky, « Stress and cognitive function », Current Opinion in Neurobiology, n° 5, 1995.
Voir aussi les travaux de Jean-Pierre Changeux qui portent, entre autres, sur la plasticité synaptique. Changeux JP, Danchin A, 1974 – Changeux JP, 1983.

Références à la période prénatale – La démarche proposée dans ce livre est loin d’être la première à faire référence à la période prénatale et à la naissance comme sources de nos difficultés émotionnelles :
• Stan Groff, Royaumes de l’inconscient humain : la psychologie des profondeurs
dévoilée par l’expérience LSD, Monaco, Éditions du Rocher, 1983.
Stan Groff a écrit de nombreux ouvrages sur le sujet.
• Nelly Astelli Hidalgo, La Guérison des blessures reçues dans le sein maternel,
Editions Saint Paul, 1993.
• Claude Imbert, L’avenir se joue avant la naissance, 1998 – Un seul être vous manque, Auriez-vous eu un jumeau ?, Éditions Visualisations holistiques, 2004.
• Otto Rank, Le Traumatisme de la naissance, Paris, Payot, 2002.
• Jean-Philippe Brébion, L’Empreinte de naissance, Vingt-sept mois pour une vie, Quintessence, 2004.
• Alfred et Bettina Austerman, Le Syndrome du jumeau perdu, Le Souffle d’Or, 2007.
Cette liste de références n’est pas exhaustive : de nombreux autres chercheurs et auteurs se sont intéressés à ce sujet.

Premières traces sensorielles – Pour le foetus, chaque perception, confuse au départ, se précise avec l’expérience et amène les circuits nerveux à se développer et à se modifier. Les préférences ou répulsions sensorielles sont sans doute fortement conditionnées par les toutes premières perceptions.
• Le toucher – La sensibilité apparaît dès la 6e semaine autour de la bouche et dans la paume des mains. À 9 semaines, certains foetus sucent déjà leur pouce. Dès la 11e semaine, le visage et la plante des pieds sont sensibles.
La sensibilité est générale dès la 20e semaine sur tout le corps. Le foetus développe ses sensations en touchant son visage et ses pieds, en jouant avec le cordon ombilical et en suçant son pouce.
• Le système vestibulaire (contrôle de l’équilibre) – Il se développe au plus tard dès la 8e semaine. Il s’affine au gré des mouvements du foetus et des mouvements maternels.
• L’odorat – Les cellules olfactives se différencient au plus tard dès la 4e semaine. À 8 semaines, la structure du bulbe olfactif est proche de celui de l’adulte. Les récepteurs sont activés par les molécules odorantes issues du régime alimentaire maternel qui, via les capillaires sanguins, influencent la composition du liquide amniotique.
• Le goût – Les papilles entrent en fonctionnement au plus tard dès la 13e semaine. Au 4e mois, les papilles gustatives de la langue sont deux fois plus nombreuses que chez l’adulte. Le liquide amniotique, en prenant le goût de ce que mange la mère, habitue le bébé à différentes saveurs, notamment à la nourriture qui sera la sienne dans la région où il naîtra.
• L’audition – L’oreille interne, qui sélectionne les sons et les transmet au cerveau, est mature vers le 5e mois. Dès ce stade, on obtient des réponses motrices et cardiaques significatives en réaction aux stimuli extérieurs, notamment à la musique. Le Dr Tomatis a cependant montré que l’enfant perçoit les sons bien avant que l’oreille ne soit totalement fonctionnelle. À noter que, lorsque l’oreille commence à fonctionner, elle filtre les graves pour ne recevoir que les aigus. Ce système de protection contre les bruits internes de l’organisme maternel semble indispensable pour permettre au foetus de se reposer.
• La vision – Elle se constitue à partir de la 5e semaine pour s’achever (notamment les photorécepteurs) au 9e mois. À 8 semaines, la rétine pigmentée de l’oeil est visible et les paupières commencent à se développer rapidement. À 14 semaines, les muscles oculomoteurs et les globes oculaires sont formés. À 24 semaines, le foetus réagit en clignant des yeux.
Herbinet E, Busnel MC, 1991 – Lecanuet JP, Granier-Deferre C, Schaal B, Soulé M,1992 – Wolff-Quenot MJ, 2001 – Bertin MA, 2002 – Thomas N, 2005 – EHD, 2006.

Impact de la période prénatale sur les préférences sensorielles – Jean-Pierre Changeux, chef de l’unité de neurobiologie moléculaire à l’institut Pasteur et professeur au Collège de France à Paris a le premier mis en évidence l’impact de la période prénatale sur l’organisation neuronale du cerveau. Pour comprendre cette organisation, il faut partir des neurones. Un neurone se compose d’un tronc entouré d’une gaine et terminé par des racines et des branches (les dendrites) extrêmement ramifiées. Cette arborescence permet à chaque neurone d’établir des contacts avec ses voisins ou des cellules plus éloignées dans le cerveau, constituant ainsi des réseaux dans lesquels les informations circulent. La trame neuronale se développe par naissance de nouveaux neurones (la neurogenèse) et par multiplication de ses branches et racines qui étoffent ainsi les réseaux existants. La trame neuronale du cerveau est définitivement formée avant la naissance. Les structures du fonctionnement cérébral sont donc puissamment déterminées avant toute activité au contact de l’environnement extra-utérin à l’instant de la naissance. Changeux JP, Danchin A, 1974 – Changeux JP, 1983.

La période la plus importante de notre vie – « D’une manière générale, la période prénatale a été largement ignorée ou sous-estimée, alors que c’est sans doute la plus déterminante dans le développement humain. En fait, quand nous donnons notre date de naissance ou quand nous indiquons notre âge, nous ne tenons pas compte de ces neuf mois, qui sont certainement les plus importants de notre vie. »
Robert Lickliter, professeur de psychologie, université internationale de Floride.